LA PLAQUETTE COMPLETE De Marcilly sur Eure à Bois le Roy … Une page de l’histoire de la « chapelle de Saint Julien lez chèzes » Au 12ème siècle, vers 1137, des moines venus de l’abbaye des Vaux de Cernay s’installèrent au milieu des bois et des broussailles au bord de l’Eure à Marcilly, loin du monde, pour suivre la règle de vie monacale d’austérité édictée au 6ème siècle par Saint Benoit de Nurcie réécrite par Saint Bernard de Clairvaux au 12ème siècle et fondateur de l’ordre des cisterciens. A cette époque, de nombreux monastères avaient peu à peu oublié ces règles (pauvreté, chasteté, renoncement au monde) à la suite des temps troublés et des grandes peurs autour de l’an mil. Les moines cisterciens étaient vêtus de blanc par opposition aux moines bénédictins vêtus de noir. L’ordre cistercien avait rapidement acquis un immense prestige et Foulques de Marcilly dont les terres relevaient des sires d’Anet vassaux des comtes de Dreux et des rois de France leur concéda des terres pour construire un monastère, y ajoutant ce qui était nécessaire à la vie en autarcie de la communauté : des vignes, des bois, des moulins et des droits sur la pêche dans l’Eure et les ruisseaux… L’abbaye du Breuil Benoit était née. L’église abbatiale fut dédiée à Notre Dame et à Saint Jean Baptiste par l’évêque d’ Evreux en 1228. Au fil des années, les dons affluèrent et l’abbaye devint un très vaste et riche domaine. Il s’étendait probablement jusqu’aux portes de Dreux, dans la vallée de l’Eure et sur le plateau de Saint André. Ce domaine comportait cinq fiefs exploités par les « frères convers » vêtus de brun, qui défrichaient les forêts pour en faire des terres mises en culture et s’occupaient de tous les soins domestiques de l’abbaye. Les moines étaient nombreux au 13ème siècle. Seuls les moines convers sortaient de la clôture de l’abbaye pour se rendre sur les domaines agricoles : de grosses fermes monastiques appelées « granges ». Il s’y trouvait une chapelle lorsque cette grange était trop éloignée de l’abbaye pour permettre ainsi aux moines d’y faire leurs prières dans la journée. C’est ainsi que des hameaux se sont créés autour des « granges cisterciennes », de leurs bâtiments agricoles et de leurs chapelles. A Bois le Roy, au 13ème siècle, dans un « essarts », parcelle de forêt défrichée pour gagner des terres et récupérer du bois de charpente, d’outillage ou de chauffe, auprès d’une mare, s’édifia une grange de l’abbaye du Breuil Benoit avec sa chapelle dédiée à Saint Julien l’hospitalier : « Lez Chaeze » . On appela ce lieu « chiese, chaière, chaeze, chaize, chèzes, chèses et enfin chaises selon les époques et l’évolution de la langue française et de son orthographe. Ces mots ont la même origine et le même sens : le siège, la chaise, la chaire… Ils désignaient « le corps principal d’habitation d’un domaine d’exploitation, c’était aussi « le lieu élevé d’où l’on parle, le lieu de la prédication, du sermon » . Dans le département de l’Eure, il existe quatre lieux répertoriés, sans doute d’anciens fiefs féodaux, qui portent le nom de CHEZE ou CHEZES ou CHEZE-DIEU et de nombreux autres CHAIZE et CHAISE. Au 21ème siècle, on dit encore « le siège d’une société » « le Saint-Siège » pour désigner l’état du Vatican, la « chaire » d’un professeur d’université, monter en « chaire » pour prêcher dans une église… Dans la règle cistercienne, le moine a le devoir de secours, d’assistance et de défense des pauvres et des malades, des voyageurs et des pèlerins. Saint Bernard de Clairvaux le précisa très fermement. Au 12ème siècle, le peuple des campagnes vivait dans des masures de planches sans fenêtre ni mobilier, les familles s’y entassaient et luttaient contre la faim permanente. Maladies et épidémies y étaient effroyables. Tout établissement ecclésiastique se devait de consacrer le quart de ses revenus aux pauvres. La dédicace à Saint Julien l’hospitalier (patron des voyageurs et protecteur des lépreux) de la chapelle de la grange monastique, indique très probablement qu’aux 13ème et 14ème siècle, la grange des « chaeze » accueillait dans son établissement dans de modestes bâtiments en dur, voyageurs et pèlerins se rendant à Saint Jacques de Compostelle ou au Mont Saint Michel dans son « hostellerie » et des malades dans sa « maladrerie ». Les maladreries ou léproseries, lazarets étaient davantage des lieux de réclusion éloignés des villages plus que des lieux de soins même si les moines connaissaient et cultivaient les plantes médicinales et savaient les utiliser. L’admission à la « maladrerie » se faisait après cérémonie et sacrements. Le registre original de Confrairie de Saint Michel de la paroisse de Bois le Roy montre qu’en 1667 un moine de l’ abbaye du Breuil Benoit, Frère Joseph Guillaume, était membre de la confrairie. Elle assurait l’assistance aux familles et aux défunts. Il existait aussi une chapelle dédiée à Saint Julien l’hospitalier, à la maladrerie du bois de la Querre, sur la paroisse voisine de Garencières. Au 15ème et 16ème siècle l’abbaye du Breuil Benoit subit les ravages, saccages et tueries de la guerre de 100 ans puis des guerres de religion. Il y eut de moins en moins de moines . Les abbés n’étaient plus élus par les moines mais nommés par le roi : ce furent les abbés commendataires. Les domaines monastiques, souvent très vastes après des siècles de donations successives, devinrent petit à petit des domaines seigneuriaux dont l’abbé tirait des bénéfices. Dès le début du 17ème siècle, les domaines agricoles de l’abbaye furent gérés par des paysans. Il n’y avait plus de moine convers pour exploiter les granges… Ainsi, en 1613, « plusieurs habitants de Bois le Roy signent un bail emphytéotique de 99 ans avec Denis Hurault, abbé du Breuil Benoit contre un rente annuelle de 150 livres, 18 chapons et autant de poulets, 10 minots de blé… » En 1689, l’abbaye ne comptait plus que 4 moines…Au 18ème siècle, en 1763, il ne restait plus que 2 moines à l’abbaye du Breuil Benoit ! En 1753, le roi fit établir par les frères Cassini une carte générale du royaume qui indiquait tous les noms de villages et hameaux avec les édifices religieux . On y voit le site des « chèses » et de la chapelle Saint Julien. En 1765, l’abbé commendataire du Breuil Benoit, Denis de Peguilhan de Larboust vivait à la cour de Versailles une partie de l’année . Il avait la Charge de grand maître honoraire de la chapelle du Roy et était membre du Conseil d’Etat. Il présenta au roi Louis XV une requête en vue de la démolition de l’ancienne chapelle des chèses, en ruines et inutilisée depuis de nombreuses années ainsi que treize bâtiments servant de logement, de granges et d’écuries… Requête approuvée par le roi . Trois bâtiments furent néanmoins restaurés. La chapelle et les principaux vestiges du domaine que les cisterciens du Breuil Benoit possédaient à Bois le Roy disparurent… En 1787, il signe un bail de 9 ans avec Denis Huet et la Veuve Dollet moyennant un rente de 283 francs par an pour l’exploitation des terres des « chèzes » et donne droits de jouissance de la mare et de la friche des chèzes aux habitants de Bois le Roy. Denis de Peguilhan fut le dernier abbé commendataire du Breuil Benoit. En 1790, l’abbaye est fermée, le domaine et les fiefs vendus comme biens nationaux. La commende de l’abbaye du Breuil Benoit est évaluée à 5000 livres. En 1796 (15 messidor de l’ an IV) les terres labourables du triège (terme désignant une mosaïque de parcelles) des « chèses » sont vendues à deux habitants de Bois le Roy : Gilles et Jean Fontaine, laboureurs, pour la somme de 7475 francs et soixante cinq centimes.C’était un domaine d’environ 10 hectares (Mesures actuelles). En 1819 le conseil municipal délibérera sur un litige avec un habitant qui prétendait avoir des droits sur « la mare aux chaises ». Le maire se prévaudra du bail passé en 1787 avec l’abbé du Breuil Benoit pour faire valoir les droits de la commune. Sur le premier cadastre de la commune daté de 1838 on peut distinctement voir le chemin de la chapelle et le chemin de la vallée aux moines et la mosaïque des longues parcelles de forêt défrichées : « les tenures ». Les hommes de ce début du 19ème siècle vivaient encore dans la réalité du site des « chèses » Au milieu du 20ème siècle, un cultivateur qui labourait son champ s’enfonça subitement profondément avec son tracteur dans la terre… Il n’était pas tombé dans une marnière mais dans la cave d’une des anciennes maisons de la grange des « chèses » ! On trouve encore parfois au milieu des champs, des fragments de brique et de poteries ,fragiles témoignages de la vie des anciens sylvirégisiens « aux chaises ». En 1976, année de très grande sécheresse, on vit du ciel, en avion, les traces des fondations de l’ancienne chapelle Saint Julien. Nous pouvons ainsi nous souvenir que pendant plusieurs siècles, les moines de l’abbaye du Breuil Benoit ont travaillé et façonné le paysage de notre village. Les terres agricoles ont remplacé la forêt permettant ainsi la culture intensive et contribuant au développement de notre campagne. Aujourd’hui les îlots de bois, restes de l’antique forêt d’Ouche, sont toujours là, « la fosse aux poules » « le fief au franc » « la sente à la demoiselle », « la mare aux chèses » et l’horizon n’a guère changé dans la vaste plaine remembrée, malgré la disparition des pommiers et l’arrivée de la fée électricité avec ses pylônes à haute tension… Document réalisé par Les Amis du Patrimoine Sylvirégisien
SIGNATURE DE LA CONVENTION ENTRE LA MAIRIE, L'ASSOCIATION DES AMIS DU PATRIMOINE ET LA FONDATION DU PATRIMOINE A BOIS LE ROY LE 29 JANVIER 2011
LA PLAQUETTE DESCRIPTIF DU PROJET SUR LE SITE DE LA FONDATION 24 juin 2011
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Les AMIS du PATRIMOINE
L’association «les amis du patrimoine sylvirégisien» a 7 ans ! Elle a «pour but de valoriser le patrimoine historique, culturel, naturel de Bois le Roy ainsi que des communes environnantes lorsqu’un lien les y attache…». Elle «peut mettre en œuvre des projets de revalorisation et de restauration de sites, objets d’art, en collaboration avec les autorités et institutions compétentes…» Elle «peut organiser des manifestations et visites, concevoir des documents…, à titre onéreux ou gratuit…» Depuis septembre 2003, un concert a été organisé chaque année dans l’église Saint Jean-Baptiste à l’occasion des « journées européennes du patrimoine » ainsi que des balades du patrimoine, à la découverte de notre département. Des recherches dans les archives et auprès des anciens ont permis d’élaborer des fascicules sur le «toponyme de BOIS LE ROY» , «l’histoire de la grange cistercienne des CHEZES» ou encore «la libération du village en août 1944». Aujourd’hui l’association est investie, par convention avec la commune et la Fondation du Patrimoine, de la tâche de susciter des animations destinées à collecter des fonds pour aider à la restauration de notre église du 16ème siècle. L’association participera à la « foire à tout » lors de la fête du village, le dimanche 4 septembre prochain. La recette sera entièrement reversée à la Fondation du Patrimoine au bénéfice de la restauration de notre église. Notre stand sera constitué uniquement d’objets déposés par de généreux donateurs (petits bibelots, vaisselle, petits meubles …livres, papiers et périodiques anciens. (NI vêtements, NI jouets, NI livres de poche ou d’ouvrages pour enfants). Aidez-nous ! Explorez vos placards, caves et greniers, soyez généreux et donnez ! La collecte et le dépôt des objets s’effectueront uniquement du 4 au 7 juillet de 10 h à 12 h et à partir du 16 août de 10 h à 12 h du mardi au vendredi chez les Luys : 40 grande rue ou chez les Mérand : 2 rue de la mairie. Merci de déposer vos dons dans des cartons avec vos noms adresses, n° de téléphones et liste des objets. Tous les objets non vendus seront restitués à leurs propriétaires. Enfin si la sauvegarde de notre patrimoine est pour vous un devoir de mémoire à transmettre aux jeunes générations et si, pour ce faire, les recherches dans les archives, balades du patrimoine, concerts et convivialité vous séduisent, rejoignez nous ! Amis.patrimoine@free.fr
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